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Comment lutter contre la pollution de l'eau ?

  • Plastiques, matériaux polluants

Boire de l’eau du robinet plutôt qu'en bouteille, privilégier les matières naturelles ou recyclées, le coton bio, le verre, le bois non traité, le lin, etc. En boutique bio ou sur internet, on trouve des alternatives écologiques pour presque tout.

Divers labels permettent d’identifier des produits moins nocifs pour l’environnement (voir www.mescoursespourlaplanete.com/Labels/ ).

 

  • Protections périodiques et couches

Elles contiennent résines, plastiques, pesticides (coton conventionnel), chlore et divers produits chimiques, parfois des dioxines. Tout cela entre en contact avec une zone du corps particulièrement perméable. Selon Greenpeace, c'est une des principales sources de pollution[11] !

Pour les femmes, la cup ou coupe menstruelle est la solution idéale (en silicone médical, TPE ou caoutchouc naturel). On trouve aussi des tampons & serviettes en coton bio non chlorés en boutique bio et sur internet ou des serviettes lavables en chanvre et coton bio. Pour les bébés, les couches lavables ont fait beaucoup de progrès et ne sont aujourd’hui pas tellement plus contraignantes que les couches jetables (on jette aux toilettes le voile biodégradable qui recueille les selles, on fait tremper, puis on met à la machine à 40°). Les économies réalisées sont importantes.

LIENS : www.les-couches-lavables.fr/  & www.easycup.fr/

 

  • Vêtements et chaussures

Teintures, coton conventionnel (utilisation massive de pesticides et d’eau, etc.), matières synthétiques, cuir (les tanneries rejettent chrome, mercure et cyanure)... Avec des conditions de travail désastreuses dans les pays d'Asie qui nous fournissent [12]. La France est d'ailleurs le 4e importateur mondial de chaussures en cuir (source : SATRA, 2007 et CFCE, 2007).

=>  Les vêtements d'occasion sont une solution écologique et très économique (dans les friperies ou sur leboncoin.frmafrip.com, vetoccase.fr, etc.). Autrement, certains labels permettent de limiter au minimum les pollutions et matières toxiques, comme Demeter (le plus exigeant), Öko-tex 100 ou Global organic textile standard (GOTS). A privilégier : lin, chanvre, coton bio, caoutchouc naturel et teintures végétales.

Il est possible de teindre soi-même ses vêtements à partir de teintures végétales (pour certaines couleurs, il faut être motivé...). Un exemple : http://plantes-couleurs.over-blog.net/article-12335150.html

 

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  • Déchets

Chaque français en produit en moyenne 480 kg par an. Seul 1/3 de ces déchets sont recyclés ou compostés, 29% est incinéré, et 37,5% restent stockés en décharge[7].

 

a-      Déchets classiques  

Mis en décharge ou incinérés, les déchets contiennent de nombreux polluants. Les très coûteux incinérateurs n'éliminent pas totalement les déchets et rejettent dans l'air environ 2000 sortes de particules, certaines très nocives, comme les dioxines. Les déchets enfouis viennent polluer les sols et les nappes phréatiques ; la moitié des départements français frôle l’engorgement [8].

Pour limiter sa production de déchets :

-    Des produits sans suremballages et des grands contenants au lieu de formats individuels. Ex : pots de 500g de yaourt, bouteilles d'1l de liquide vaisselle, shampoing, etc. (voir en boutique bio). Les emballages représentent un tiers de nos déchets [9].

-    Des produits faits à partir de matériaux recyclés et les emballages certifiés Imprim’vert (le logo, au dos de l’emballage, garantit une impression plus écologique [10]).

-    Des quantités raisonnables pour l'achat de produits périssables 

-    Sachets à vrac, sac plastiques à réutiliser ou caddy / sac de courses.

-    Tri sélectif (cf ecologie-du-quotidien.puzl.com/recyclage).

-    Réparation/récupération : des associations récupèrent le matériel électronique et informatique usagé ; des repair-cafés ou des guides en ligne permettent de les réparer soi-même (ou avec de l'aide) : www.ifixit.com/ & www.commentreparer.com/

-    Don-échange (cf www.recupe.net/ ; echange.consoglobe.com/ ; www.doncontredon.fr/ etc.)

Pour lutter contre l'obsolescence programmée, trouver les objets garantis 5 ans ou plus : www.garantie5ans.com/

 

b-      piles, ampoules et déchets ménagers spéciaux (DMS), à recycler ou non :

Généralement, des indications figurent au dos des produits pour vous indiquer s’ils doivent être éliminés de manière spécifique (voir aussi ci-contre les symboles de danger). Ces déchets dits « spéciaux » ou « dangereux » ne doivent surtout pas être jetés dans un bac de tri classique ou une canalisation ! 

- Piles, ampoules LED et fluocompactes, accumulateurs sont à rapporter en magasin, à la mairie, ou en décharge.

- Pour les les produits électroniques, voir sur www.eco-systemes.fr 

- A rapporter en déchetterie : thermomètres au mercure, néons, aérosols, certains produits d’entretien (javel, détachants, etc.), produits phytosanitaires (pesticides, herbicides, antifongiques, engrais, traitement divers pour les plantes, etc.), produits de bricolage (colle, enduit, vernis, solvant, peinture, décapants, etc.), ou encore pharmaceutiques. 

 

Les études réalisées par l’Institut français de l’environnement révèlent une contamination généralisée des eaux de surface et littorales par diverses substances, et 70% des eaux souterraines sont également contaminées par les pesticides[1].

Les pesticides interviennent dans près d’un quart des causes de non-conformité des eaux servant à l’alimentation des populations, mais les polluants trouvés dans l’eau sont de nature très diverse : nitrates, produits pharmaceutiques, hydrocarbures aromatiques polycycliques (diesel, chauffage, combustion de fioul, pétrole, déchets, etc.), phosphates et composants de produits ménagers et cosmétiques (soit plusieurs milliers de composés synthétiques divers), métaux lourds (provenant en partie de nos décharges et incinérateurs d’ordures), déchets plastiques, crèmes solaires, etc.

Les prélèvements effectués de 2007 à 2009 ont révélé que « 40% des mesures en cours d’eau et 7% des mesures en plan d’eau ne respectent pas les normes de qualité »[2] (et les autres prélèvements ne sont pas exempts de contamination).                    

Si vous souhaitez creuser le sujet, le CNRS a réalisé un dossier très complet sur l’origine des polluants aquatiques et leurs effets sur les écosystèmes et nos ressources en eau  :

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/menuDegrada.html

 

Les bons gestes pour limiter la pollution de l’eau

 

  • Alimentation durable

Consommer un maximum de produits bio et végétaliser son alimentation permet de réduire efficacement la pollution d’origine agricole (cf articles /alimentation).

Outre les pesticides et engrais chimiques, en France, l'agriculture est à l'origine de 66% des nitrates présents dans l'eau, en raison de l’épandage massif d'effluents d'élevages. Les nitrates sont la première cause de pollution des réservoirs d’eau souterraine. Alors que la teneur naturelle en nitrate de ces eaux varie de 0,1 à 1 mg par litre, elle dépasse aujourd'hui souvent 50 mg/l, seuil au-delà duquel l’eau n’est plus considérée comme potable par l’OMS. Les nitrates sont toxiques et mènent à l'asphyxie des organismes aquatiques. Avec leur accumulation dans le sol et leur migration progressive vers les nappes phréatiques, l’ampleur réelle de la contamination ne sera visible que dans plusieurs années, voire décennies.

Les élevages industriels sont également les principaux vecteurs des pluies acides (l’azote du lisier se transforme en ammoniac et en acide nitrique dans l'atmosphère ; 80% de l’ammoniac provient des élevages[1]). L’acidification des pluies met en solution les sels d’aluminium contenus dans les roches. Ces sels très toxiques perturbent la photosynthèse des végétaux et la biologie des organismes aquatiques. D’autres métaux toxiques, comme le cadmium et le plomb, jusque-là bloqués dans les sédiments, sont également relâchés. Si le PH de l’eau chute trop, la plupart des invertébrés et micro-organismes sont détruits[2].

 

  • Produits ménagers & cosmétiques

Les lessives, adoucissants et tablettes pour lave-vaisselle, ainsi que les produits type javel ou destop pour déboucher les canalisations et les produits d’hygiène corporelle (shampoing, gel douche, etc. –contenant des tensioactifs et dérivés pétroliers divers) sont les principales sources de pollution de l’eau par les foyers. Pour limiter ces pollutions, privilégiez les labels type Cosmebio, Nature & Progrès ou Eco-garantie, le bicarbonate, vinaigre, savon noir, ect. Voir les articles ménage écologique et alternatives à l’huile de palme

 

  •  Rejets d’huiles alimentaires dans les canalisations

Les huiles alimentaires ne peuvent être éliminées par le circuit classique des ordures ménagères, et encore moins dans les canalisations : elles se figent au contact de l’eau et bouchent vos canalisations ; elles diminuent la capacité de traitement des stations d’épuration (en formant une pellicule grasse, elles empêchent l'air de pénétrer dans l'eau et asphyxient les bactéries chargées de l'épuration). Un litre d’huile suffit pour former une pellicule d’1 km².

Depuis 2002, séparer les huiles des déchets ménagers est obligatoire. Si la quantité d’huile est faible, mettez-là dans une bouteille et jetez-là avec les ordures ménagères. Au-delà d'1 litre, portez l'huile à la déchetterie. Certaines villes disposent aussi de points de collecte spécialisés (consultez votre mairie). NB : la loi de 1992 sur les déchets interdit aux restaurants de jeter directement l’huile qu’ils utilisent[4].

Après filtration, on peut aussi se servir de l’huile comme d’un allume feu ou en incorporer 5 à 10% au gasoil, notamment pour les modèles diesels anciens, car à l’origine, les moteurs diesels étaient conçus pour recevoir des huiles végétales (le gasoil en contient déjà). Cette dernière utilisation n’est toutefois légale en France que pour les machines agricoles. NB : il faut parfois pratiquer quelques aménagements pour ne pas endommager les injecteurs et la pompe. Voir le site de l'association Roule ma frite www.oliomobile.org/fr/le-blog/tags/Roule-ma-Frite/

 

  • Médicaments, produits pharmaceutiques

On retrouve des résidus de médicaments et d’hormones dans toutes nos réserves d’eau, y compris dans l’eau en bouteille[5]. Sans parler de leur fabrication : en Inde, les usines larguent leurs rejets directement dans les cours d'eau[6].

Demandez à votre médecin si un traitement est nécessaire, évitez d'acheter plusieurs boîtes à la fois, et rapportez à la pharmacie les médicaments périmés. Ils font l'objet d'une élimination spécifique (par contre, même non périmés, ils ne peuvent plus être donnés à des associations).

Les élevages (y compris l’aquaculture) sont les premiers consommateurs de vaccins et antibiotiques : on peut consommer moins de produits animaux et plus de bio où l’utilisation de médicaments est encadrée et limitée (encore plus pour les labels bio-cohérence, Nature & Progrès et Demeter).  

Pour les affections bénignes, demander au pharmacien ou au médecin s'il existe des traitements alternatifs (plantes, homéopathie, auto-massages, etc.).

En France, grâce au recyclage, 1,8 million de tonnes de CO2 (= 800 000 voitures) sont évitées chaque année : 44,3 millions de tonnes de matières premières sont recyclées, pour 12,4 milliards d’euros générés et 33 400 emplois non délocalisables (FEDEREC, 2012). source : www.consoglobe.com/mr-recyclage.html

Pour bannir le plastique, de nombreuses astuces sur ce blog en anglais : myplasticfreelife.com/


[1] cf Ministère de l’Environnement, « Bilan de présence des micropolluants dans les milieux aquatiques continentaux, période 2007-2009 », études & documents n°54, octobre 2011 http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/1808/1108/bilan-presence-micropolluants-milieux-aquatiques.html

[2] Ibid. p.9-10


[1] S. Portejoie, J. Martinez, G. Landmann, « L’ammoniac d’origine agricole : impacts sur la santé humaine et animale et sur le milieu naturel », INRA Prod. Anim.,2002, 15 (3), 151-160. http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/prod-porcine/documents/SANTE48.pdf

[2] CNRS, « la pollution acide » http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/13_pollution.htm

[3]John Libbey Eurotext, Oléagineux, Corps Gras, Lipides. Volume 6, Numéro 5, 389-92, Septembre - Octobre 1999, Dossier : Lipochimie et développement durable “Etude de la biodégradabilité d’huiles de base utilisées dans la fabrication des lubrifiants » http://www.jle.com/e-docs/00/03/36/8D/article.phtml?fichier=images.htm

[4] Consoglobe, “les bons usages de l’huile de cuisson usagée”, décembre 2012 http://www.consoglobe.com/bons-usages-huile-cuisson-usagee-2184-cg#O6dvgBfBuO72B4Xv.99


[12] Natura Sciences, Matthieu Combe, “Cuir, les forçats de la mode”, 1er mai 2013 :

 http://www.natura-sciences.com/pollution/textile/cuir-les-forcats-de-la-mode498.html

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