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Lavage et pollution aux microplastiques

* Une étude de la Playmouth University (Grande-Bretagne) a révélé que le lavage d’une charge moyenne de 6 kg libère environ 138 000 fibres de tissu de mélange de polyester-coton, 496 000 pour le polyester et 728 800 pour l’acrylique. 

NB : une part de fibres acryliques est souvent ajoutée aux bordures élastiques de chaussettes, cotons mélangés, tissus de viscose pour bonnets, écharpes et pullovers. 

 

*https://link.springer.com/article/10.1007/s11356-016-7703-0

Des chercheurs australiens et norvégiens ont publié en janvier 2018  une revue complète de la littérature sur les fibres microplastiques issues des industries mondiales du textile et du vêtement.

Le nouveau rapport estime que 20 à 35 % de tous les microplastiques à source primaire dans l’environnement marin sont des fibres provenant de vêtements synthétiques, et que cette quantité augmente.

L’étude émet des recommandations :

- réduire la production et la consommation globales de vêtements ;

- améliorer les pratiques des consommateurs dans la phase d’utilisation des vêtements synthétiques ;

- remplacer les fibres synthétiques par des fibres naturelles.

Environ un tiers des particules de microplastique présentes dans les mers proviennent de textiles synthétiques. Elles se détachent des vêtements (polaires, vêtements en polyester, serviettes en microfibres…) lors du lavage. 

L’acrylique arrive en tête, libérant près de 730 000 minuscules particules synthétiques par lavage, cinq fois plus que le mélange polyester-coton et près de 1,5 fois plus que le polyester*.

 

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’alarme : ces particules se retrouvent dans l'estomac des poissons, donc dans la chaîne alimentaire, avec des impacts encore non évalués sur notre santé.

Autre conséquence dramatique de cette pollution invisible : elle fait fondre la banquise plus vite. Quand ces particules de plastique se retrouvent congelées dans la glace en Arctique, elles abaissent en effet son point de fusion.

*https://link.springer.com/article/10.1007/s11356-016-7703-0   

 

Quelles solutions ? 

 

ACHATS : 

Privilégiez des vêtements en fibres naturelles (si possible biologiques, avec un label), en évitant polyester, acrylique et autres matières plastiques. 

Sinon, achetez d’occasion : les vêtements neufs rejettent bien plus de fibres*.

Limitez vos achats (l’industrie textile est globalement très polluante).

 

UTILISATION : 

Augmentez le nombre de ports de vos vêtements avant de les laver (s’ils ne sont pas tachés et ne sentent pas mauvais, pourquoi ne pas les porter une fois de plus ?)

Ne laissez pas traîner ou sécher les vêtements synthétiques au soleil direct. Selon une étude de l’Outdoor Microfibre Consortium, une exposition prolongée à la lumière UV abaisse la ténacité des fibres polyester. La lumière solaire aggraverait ainsi la libération des microfibres dans l’environnement.  

 

LAVAGE : 

Des températures basses, une charge pleine et moins d’action mécanique (option synthétique ou délicat) réduisent la quantité de microplastiques émis. 

- Température de lavage : 30°C maximum, surtout pour le polyester qui s’hydrolyse sous l’effet de la chaleur.

- Fonction linge synthétique (voire délicat) : l’action mécanique accrue du lavage coton détache plus de fibres sur les vêtements synthétiques. 

- Privilégiez les cycles courts : le temps de lavage joue aussi un rôle

- Un détergent écologique (lessives linge délicat et éco-certifiées, noix de lavage, etc.) et éviter l’adoucissant : l’ajout de détergents ou assouplissants ont aussi tendance à libérer plus de fibres. 

- Pas plus de produit de lavage que nécessaire

- Éviter le séchage en machine (3,5 fois plus de microplastique émis pendant le séchage en machine*), le sèche-linge et le fer-à-repasser qui fragilisent les fibres des matières synthétiques. 

- Laver séparément les textiles aux surfaces rugueuses et ceux aux surfaces douces