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Huiles essentielles : quelles précautions ? Que choisir ?

HE à utiliser avec précaution  :

toxicité selon la dose pour l’homme et/ou l’environnement. Ne pas utiliser chez l'enfant ou la femme enceinte sans avis médical

 

Basilic : le basilic doux à linalool peut s'utiliser y compris en cuisine si bien dilué (il est très irritant utilisé pur, mais il est peu toxique). Le basilic tropical et le basilic sacré doivent être maniés avec davantage de précaution.

Cajeput : elle s'utilise souvent en diffusion pour purifier l'air et soigner les affections respiratoires mais elle est toxique pour les poumons si on en abuse ! Toxicité modérée pour l'environnement. Non irritante.

Camomille romaine (anthemis nobilis) : contient des cétones en quantité modérée. Attention à la variété de camomille choisie.

Citron & Citron vert  : très toxiques pour les organismes aquatiques, elles doivent également être bien diluées pour ne pas être irritantes. Le citron est excellent pour la circulation sanguine. 

Citronelle de Java (winterianus) : irritant (bien diluer) ; toxicité modérée pour les organismes aquatiques. Ne pas confondre avec la Citronnelle de Ceylan.

Coriandre : privilégiée l'HE faite à base de l'herbe (/celle issue des grains). Toxicité modérée. 

Cumin nocive et stupéfiante à forte dose, toxicité modérée pour l'environnement

Eucalyptus : seul l'Eucalyptus citronné (citriodora) peut être utilisé sans risque (mais présente une toxicité modérée pour les organismes aquatiques) ; l'Eucalyptus mentholé et l'Eucalyptus globulus sont très toxiques en revanche. Les Eucalyptus radié et à Cryptone présentent une toxicité intermédiaire.

Genévrier commun : à éviter en cas de grossesse ou maladie rénale. Nocif pour l'environnement

Géranium bourbon ou odorant : toxicité modérée ; contient des cétones

Gingembre :  toxicité modérée, pas d'usage interne, bien diluer

Lavandin grosso : contient du camphre (7%) ; non toxique pour l'environnement

Lemongrasstoxique pour les organismes aquatiques, irritante et pas d'usage interne

Litsée citronée (cubeba) : toxicité modérée pour l'homme et l'environnement

Mandarine, Orange , Pamplemousse : très toxiques pour les organismes aquatiques mais peuvent s'utiliser en massage ou en cuisine (1 goutte) ; photosensibilisantes ; à utiliser bien dilués 

Petitgrain citron/mandarine/orange : idem que Mandarine, Orange ou Citron 

Poivre : très toxique pour les organismes aquatiques, toxicité modérée pour l'homme

Romarin à cinéole : contient du camphre (9%) donc à utiliser avec précaution ; les autres variétés de romarin (à camphre, à verbénone, etc.)  sont très toxiques

Sauge sclarée (ne pas confondre avec l’officinale !) : non toxique, mais stimule les hormones femelles (utilisée pour lutter contre l'aménorrhée ou les effets indésirables de la pré-ménopause). Donc à proscrire chez l'enfant et la femme enceinte ; demandez conseil à un médecin naturopathe.

Yuzu : idem que pour les autres agrumes

 

Diffusion : diffuser dans une pièce aérée, pendant 1 heure maximum, en l'absence d'enfants en bas âge ou d'animaux. 

 

Les huiles essentielles sont biodégradables, mais beaucoup sont toxiques, notamment pour les enfants (celles qui contiennent des cétones par exemple sont potentiellement neurotoxiques) ; d’autres, telles l’huile essentielle de menthe, sont très nocives pour les organismes aquatiques (et les chats). De plus, produire 1 ml d'huile essentielle nécessite 1 à 20 kg de fleurs, donc beaucoup de ressources. Des solvants nocifs peuvent être utilisés pour leur extraction : préférez-les bio. Enfin, certaines sont à l'origine de déforestations massives (bois de rose, etc.).

Cependant, certaines sont non toxiques, extraites naturellement et dotées de propriétés très utiles, remplaçant des produits dangereux et non biodégradables. De plus, quelques gouttes suffisent généralement à parfumer efficacement un produit.

Il est donc important de bien les choisir, de les utiliser avec parcimonie, de privilégier les HE bio et de toujours respecter les conditions d’utilisation. Une concentration de 0,2% suffit généralement amplement, sauf pour un objectif thérapeutique de court ou moyen terme (jusqu'à 5% pour une huile de massage par exemple).

Les HE à éviter

Forte toxicité pour l’homme et l’environnement : HE contenant des cétones et des phénols notamment

 

Exemples d’HE toxiques courantes :

Camomille allemande/matricaire/bleue du maroc ; Cannelle ; Cèdre de l’atlas ; Citronnelle de Ceylon ; Estragon ; Eucalyptus globulus ; Fenouil ; Gaulthérie (ok très diluée en massage, jamais en interne) ; Girofle ; Lavande aspic ; Menthe verte ; Menthe poivrée (très toxique, pour les humains et les animaux aquatiques) ; Romarin à verbénone et à camphre ; Origan ; Sauge officinale ; Sarriette des montagnes ; Thym à thymol ; Valériane, etc.

+ une quinzaine d’HE comme la moutarde ou le thuya très toxiques et dont la vente est en principe encadrée en pharmacie. Attention, la rose et la mélisse sont souvent frelatées.

Si vous possédez certaines de ces huiles, ne dépassez pas 0,1% en concentration (~30 gouttes /litre) et utilisez-les en cures plutôt que sur des périodes prolongées.

NB : Ne jamais utiliser d'huile essentielle pure sur la peau (à diluer dans de l'huile), sauf indication contraire claire et fiable. Vérifiez que vous n'êtes pas allergique en appliquant une goutte du mélange sur le pli de votre coude 48h avant utilisation. 

En bref :

- les HE présentent de multiples propriétés très utiles mais ne font pas partie des médecines douces comme l'homéopathie : étant extrêmement concentrées, certaines sont toxiques.

- à privilégier : les HE qui présentent la meilleure innocuité et bien vérifier les dosages (beaucoup de "recettes maison" sur internet préconisent des dosages trop élevés).

- la quantité de ressources nécessaire à leur production est considérable : mieux vaut privilégier les HE bio et les utiliser avec parcimonie. 

- les HE sont insolubles dans l'eau : utilisez un dispersant si vous les mélanger à une phase aqueuse (l'alcool par exemple)

NB : les HE d'agrume (Orange, Citron, Mandarine, Pamplemousse, Yuzu, etc.) peuvent être consommées en interne (1-2 gouttes aromatisent un plat par ex) mais sont irritantes (ne pas utiliser pure), photosensibilisantes (ne pas s'exposer au soleil juste après) et très toxiques pour les organismes aquatiques (ne pas rejeter dans l'environnement ni utiliser pour des produits d'entretien).

Les HE à privilégier :

 

Géranium rosat : antifongique, antivirale, acné, moustiques, circulation veineuse et lymphatique, etc. ; excellent pour parfumer également

Lavande vraie ou fine : anti-poux, cicatrisante, anti-stress, anti-infectieuse, acné, parfum, etc.

Lavandin super : idem que la lavande. Cultivé en France, son excelent rendement le rend peu cher et écologique.  

Linaloe* (ou Bursera delpechiana) : système immunitaire, anti-virale, digestion, antiparasitaire ; très utilisée en parfum

*cette HE pose des problèmes de déforestation, de même que le Bois de Hô, et surtout, le bois de rose.

Mélisse : sédative, hypotensive, anti-parasitaire, antispasmodique, stimulante du foie, etc. Attention : choisir uniquement une HE bio et d'origine sûre car cette huile est souvent frelatée en raison de son prix.

Menthe citronnée : antistress, antispasmodique, tonique digestive, hépatique et pancréatique, etc. Réservée à un usage externe. (Attention : mentha citrata, et uniquement cette sorte de menthe !)

Myrrhe : cicatrisante, anti-infectieuse, anti-parasites, anti-inflammatoire, cicatrisante, etc. En usage externe uniquement ou bain de bouche très dilué.

Palmarosa : antibactérienne et antifongique puissante, drainant lymphatique, facilite l’accouchement (interdit aux femmes enceintes), anti-stress. Idéale aussi pour vos produits d'entretien en synergie avec la lavande/le lavandin ou le Tea tree.

Petitgrain Bigarde/Paraguay : antispasmodique, calmante, cicatrisante, régule le sébum. Peut s'utiliser en interne et en cuisine. Parfume agréablement

Rosalina : relaxante, peaux à problème. Ses propriétés et son parfum sont très proche de celles du bois de rose, mais elle ne pose pas de problèmes de déforestation.

Tea tree : excellent antibactérien et antifongique, anti-brûlure, anti-inflammatoire, anti-acné. Une des très rares huiles essentielles à pouvoir être utilisée pure sur la peau (1 goutte sur un bouton par exemple). Peut être mélangé (géranium, lavande...) pour une odeur plus agréable.

ylang-ylang : angoisse, stress, hypertension, tonique de la peau et des cheveux (anti-chute -en synergie  avec la sauge sclarée par exemple), etc. ; Donne une odeur exotique à vos crèmes et gels douche

Dosages

Pour parfumer, une concentration de 0,1% ou moins suffit généralement (~30 gouttes d'HE par litre de produit, soit 2 gouttes dans un pot de crème de 50 ml). Choisissez alors une HE ayant un bon pouvoir parfumant (lavande, géranium, petitgrain, bergamote, etc.).

Pour des produits ménagers, le vinaigre désinfecte parfaitement : une HE ne sert qu'à parfumer et peut être remplacée par des écorces d'agrumes plongées dans la bouteille de vinaigre. De plus, les HE n'étant pas solubles dans l'eau, l'ajout d'HE n'aura pas d'efficacité supplémentaire.

Pour une huile de massage à effet traitant, la concentration doit être de 1 à 5%. Attention à l'HE choisie dans ce cas et n'utilisez pas la même toute l'année (aussi pour une question d'efficacité).

En cuisine, 1 à 2 gouttes d'HE pour un gâteau ou un plat suffit amplement. 

Toutes les HE peuvent être allergisantes donc les enfants en bas âge ne doivent pas y être exposés. Pour parfumer un gel douche, vous pouvez utiliser à la place un extrait aromatique naturel (voir Aroma-zone).

Ne jamais utiliser d'HE sur un chat. 

1 ml = 25 à 35 gouttes d'HE selon la marque