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Se passer d’herbicides, est-ce possible ? 

Le glyphosate est largement utilisé aujourd’hui, et très critiqué. Aucun produit de biocontrôle (désherbants naturels) n’est encore homologué et les autres produits de synthèse pourraient au final être plus dangereux. Mais quelles sont les alternatives ? 

 

Certaines techniques sont déjà utilisées pour lutter contre les « mauvaises herbes » :

 

  • Le faux semis : on arrose la terre quelques semaines avant le semis pour faire lever les plantes non désirées, qui sont ensuite détruites au stade de plantule par un désherbage mécanique ou thermique. Cette technique permet de réduire les graines de mauvaises herbes du sol avant la mise en culture ;
  • Le désherbage mécanique à l’aide d’outils spécifiques : par exemple, en viticulture, les bineuses décavaillonneuses coupent les racines des plantes entre 5 et 10 cm dans le sol ; en culture de céréales, les herses étrilles arrachent les adventices entre 2 et 3 cm ;
  • Le désherbage thermique (vapeur ou brûlage) : avant le semis, on peut détruire les graines et les pathogènes par l’envoi de vapeur d’eau dans les premiers centimètres du sol. Cela n’a pas d’effet négatif sur la vie du sol. Quant au brûlage, il s’agit d’appliquer un choc thermique sur les mauvaises herbes. Mais les plantes vivaces et les graminées y sont peu sensibles ;
  • Les engrais verts : on sème une ou plusieurs espèces (graminées, crucifères, légumineuses…) qui seront coupées avant floraison et incorporées dans les premiers centimètres du sol. Outre leurs effets positifs sur la fertilité du sol, certains engrais verts concurrencent efficacement les plantes non désirées. Exemple : le sorgho fourrager et la plupart des crucifères étouffent rapidement les adventices grâce à leur croissance rapide.

La SNCF (0,4% du glyphosate utilisé en France) teste des solutions pour les voies de chemin de fer : 

 

  • Plusieurs robots sont testés, comme Vitirover, un petit coupeur d'herbe autonome venu de Saint-Emilion, essayé sur les pistes longeant le TGV Nord.
  • La pose de géotextiles (des matériaux synthétiques) est étudiée. Mais est-ce vraiment écolo ? 
  • Sur les voies de service, on teste des techniques d'ensemencement choisi, en laissant délibérément pousser des plantes faciles à maîtriser.  
  • SNCF Réseau explore les effets herbicides du courant électrique ou des ondes électromagnétiques, et aussi du thermique. Le thermique est déjà employé sur des portions de voies où l'on doit se passer de produits chimiques : des trains, très lents, passent de la vapeur d'eau, ce qui est très cher, et très énergivore.

source : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/plantes-et-vegetaux/la-sncf-cherche-une-alternative-au-glyphosate_127515 

 

D’autres techniques conviennent au maraîchage ou à de petites surfaces :

 

  • L’occultation : on recouvre de cartons ou d’une bâche le sol humide avant la mise en culture. Les graines germent avec la chaleur et l’humidité, mais les plantules meurent en l’absence de lumière.
  • La solarisation, surtout utilisée sous serre en été, consiste à poser une bâche transparente sur un sol saturé en eau pour élever la température du sol à plus de 40 °C et ainsi détruire les graines d’adventices et pathogènes ;
  • Le paillage du sol est un moyen largement appliqué en maraîchage pour éviter la croissance des adventices sur les rangs de cultures. On peut opter pour des paillages végétaux, des films biodégradables ou des toiles tissées réutilisables. 


Plus d'info : Rapport du groupe Les Verts au Parlement européen sur les alternatives au glyphosate (en anglais)