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Limiter son empreinte déforestation

- Réduisez votre consommation de papier ; utilisez des mouchoirs, papiers, papier toilette, essuie-tout... recyclés (cf Grazie Lucart, Ecodoo, Monoprix vert).

Fiez-vous aux labels du recyclage plus qu'au papier/bois certifié PEFC ou FSC. Der Blaue Engel (papier) et l'Ecolabel européen (papier toilette, essuie-tout) sont fiables. N’achetez pas de livres imprimés en Chine ou en Asie du Sud-Est : il y a de grandes chances que le papier vienne d’Indonésie. Pensez à trier pour le recyclage !

 

- Consommez moins de viande et de produits animaux : l'élevage est la 1ère cause de déforestation

Chaque Français occupe indirectement 440m2 de terre en Amérique du Sud en mangeant viande ou poisson d'élevage, laitages et oeufs (la France importe 22% de la production de tourteaux de soja brésilien !). L'élevage est la 2e source de consommation d'huile de palme en France, avec 200.000 tonnes par an. (sources : Boris Patentreger, Aurélie Billon, "L'impact de l'agriculture et de l'alimentation industrielles sur la forêt dans le monde", WWF France, 2008 + voir empreinte-alimentaire-ii) .

La surface et les ressources utilisées pour produire des végétaux sont jusqu'à 60 fois moins importantes.

Les aliments les plus "gaspilleurs" : veau, agneau, bœuf, fromage (notamment pâte dure), beurre, poisson et porc. Les œufs et le poulet sont plus économes en ressources. Privilégiez les produits labellisés Nature & Progrès, bio-cohérence ou Demeter, ou à défaut, les produits labellisés bio, et pensez aux alternatives végétales (légumineuses et céréales complètes, "steaks" et laits végétaux bio, etc.)

 

- Évitez d’acheter du bois tropical : N’achetez aucun produit fait de bois d’Indonésie comme le Merbau, Kempas, Bangkirai, Keruing, Meranti, Teak, etc… Pensez aux meubles d'occasion (sur leboncoin.fr, chez Emmaüs, etc.) 

 

- buvez du thé ou de la tisane plutôt que du café et limitez votre consommation d'alcool (sa production utilise notamment beaucoup de céréales ou de raisin) ; pensez aux alternatives, comme le karoube pour le cacao

 

- Evitez les voitures roulant au diesel ou biodiesel. Les "bio-carburants" n'ont rien d'écolo : réduire sa consommation de carburant l'est (cf les astuces d'éco-conduite) ! L'avion utilise des biocarburants. Il existe aujourd'hui des vélos électriques, des voitures roulant au gaz naturel et des voitures essence plus sobres.

 

Limitez le gaspillage et faites durer vos produits en diminuant les quantités utilisées, évitez les suremballages, favorisez le vrac, ajustez les doses utilisées, etc.

 

- Consommez local et bio : privilégiez les huiles locales, limitez les plats préparés et autres produits industriels, ainsi que les produits importés, et pour les vacances, faites du tourisme culturel ou partez camper/chez des proches plutôt que dans des lieux où on encourage la construction de golfs, piscines, hôtels et infrastructures diverses qui rognent inévitablement à la fois sur les terres cultivables et la forêt.

Enfin, l'agriculture bio limite les mono-cultures et proscrit les produits chimiques particulièrement néfastes pour la biodiversité ; elle assure aussi une utilisation plus durable des sols (certaines cultures de soja ou de palme ne perdurent que 2 ou 3 ans car les sols sont lessivés et épuisés par l'agriculture intensive et chimique). Soutenez les légumes et céréales qui favorisent la diversité des cultures (épeautre, fèves, sarrasin, topinambour, panais, etc.).

 

Les principales solutions sont donc : consommer moins, mais mieux (local, d'occasion, de qualité, etc.), réduire le gaspillage.

déforestation pour les palmiers à huile à Borneo

logo APUR, papier recyclé

Substituer une autre huile à l'huile de palme ne suffirait pas à résoudre le problème de la déforestation, d'autant que toutes les alternatives ne se valent pas : comme les palmiers à huile ont un rendement élevé, lui substituer de l'huile de soja sud-américaine n'aurait pas d'intérêt.

L'approche doit donc être globale. La déforestation et les exactions commises pour la production de palme existent aussi pour le sucre, le soja, le maïs, le cacao, le tabac, le papier, etc. : le problème de fond reste notre surconsommation par rapport à l'espace et aux ressources disponibles. D'après le Living planet report 2009, un Français occupe en moyenne 5,2 hectares alors que l'empreinte écologique disponible n'est que de 1,8 hectares par personne ; il consomme aussi les ressources à une vitesse 2,5 fois supérieure à leur taux de renouvellement. Dernier enjeu : l'importation de produits en provenance de pays dont la gestion durable des terres agricoles est loin d'être la priorité.

Ci-dessous, des pistes pour limiter notre "empreinte déforestation".

Faut-il boycotter le soja et l'huile de palme ?

La culture de l'huile de palme est toujours sujette à caution (déforestation, violation des droits de l'homme, etc.), y compris en Amérique du Sud, labellisée RSPO, ou en Afrique pour les grandes plantations destinées à l'export, au Cameroun par exemple.

Cependant, pour une même quantité, un beurre conventionnel cause indirectement 9 fois plus de déforestation qu'une margarine contenant 20% d'huile de palme. Il faut donc privilégier les huiles végétales européennes ou choisir un beurre labellisé N&P, Demeter ou Bio cohérence

Concernant le soja, il existe des cultures de soja bio très écologiques en France, en Italie et en Allemagne. Ainsi, le soja utilisé pour les laits, yaourts et pâtés végétaux est presque toujours européen. En revanche, ce n'est pas le cas du soja utilisé pour l'alimentation animale, ni de la lécithine de soja présente dans beaucoup de produits à base de cacao, lui-même lié à la déforestation : privilégiez la lécithine de tournesol ou les produits sans lécithine, testez le caroube (légumineuse italienne) comme alternative au cacao, ou tournez-vous vers des marques comme "Ethiquable" ou "Alter eco" dont les projets d'agroforesterie aident à lutter contre la déforestation.

 

Pourquoi protéger particulièrement les forêts primaires et tropicales ? 

En plus de stocker bien plus efficacement le carbone (CO2), elles recèlent 75% de la  biodiversité mondiale et jouent un rôle important pour lutter contre l'érosion du sol (les zones tropicales y sont particulièrement sujettes), mais aussi irriguer les terres cultivables (ce sont les forêts qui sont à l'origine de la majorité des pluies). 

Plus d’infos : 

Blog d’Adrien Gontier 

Article sur le lien entre élevage et déforestation

- Documentaire Green de Patrick Rouxel

- Huile de palme : quelles solutions ?