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Boissons : un impact non négligeable

La production et le transport de bouteilles et canettes pèse lourd dans l'empreinte carbone d'une boisson. L'impact des boissons sucrées et des alcools s'alourdit encore. Produire 1 litre d'alcool nécessite plusieurs kilos de céréales ou de raisins. Les vignes sont aussi très gourmandes en pesticides et de nombreux additifs peuvent être ajoutés à un vin (préférez-le bio) ; la production d'éthanol pour les alcools forts a également un bilan écologique désastreux, tandis que les bières doivent être réfrigérées [1]. Les sodas nécessitent quant à eux du sucre, des additifs divers comme l'acide phosphorique et gaspillent l'eau (cf comment coca cola pollue et pille l'eau potable en Inde).

Un litre d'eau du robinet génère 0,3g de CO2 contre 172g pour 1l d'eau en bouteille (voir L'eau en bouteille, pour qui ?) ; bien moins contrôlée que l'eau du robinet, l'eau en bouteille peut être contaminée par les polluants du plastique, phtalates et bisphénol A en tête, et n'est pas épargnée pour autant par les pesticides et les résidus de médicaments [3].

Pour varier, le thé/la tisane bio en vrac sont de bonnes options

Astuce : mettez l'eau du robinet dans une bouteille en verre au frigo ; elle n'aura plus mauvais goût une fois fraîche. La carafe filtrante est une arnaque : les minéraux contenus dans l'eau sont essentiels à notre santé  (le "calcaire", c' est du calcium et du magnésium), et les carafes favorisent la prolifération des bactéries, sans éliminer les résidus de pesticides. Le seul moyen de préserver la qualité de l'eau est de limiter le rejet de polluants dans notre environnement (alimentation bio, vêtements, produits ménagers et d’hygiène corporelle écologiques, réduction et traitement des déchets toxiques et médicaments, tri sélectif, etc.

 


[1] http://www.agirpourlaplanete.com/conso-ecologique/alimentation-bio/959-bilan-empreinte-alcool.html?start=1

[2] http://www.dangersalimentaires.com/2011/02/leau-en-bouteille-est-elle-dangereuse/

[3] http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/25/des-traces-de-pesticides-et-de-medicaments-retrouvees-dans-des-eaux-en-bouteille_1853519_3244.html

Alors, local ou pas local ? 

 

Pour deux produits cultivés de la même manière, l'AMAP garde l'avantage (NB : seules 10% des ventes en circuit court sont en bio). Cependant, il n'est pas rare qu'un aliment importé ait un meilleur impact carbone et écologique qu'un aliment produit localement. 

Exemples : 

  • L'entreprise suisse de distribution Migros a comparé l'impact carbone de 6 des sucres qu'elle distribuait en tenant compte de l'ensemble du cycle de vie du produit (de la culture jusqu'à l'élimination des emballages) : c'est le sucre bio Max Havelaar produit au Paraguay qui a obtenu le meilleur bilan, devant des sucres produits localement en Suisse ou ceux produits en Allemagne. L'impact de la culture et du procédé de transformation est en effet supérieur à celui du transport pour le sucre.[1]
  • Selon une étude de l'université britannique de Cranfield, les fleurs importées par avion du Kenya, pourtant peu écologiques, émettent 6 fois moins de CO2 que les roses des Pays-Bas maintenues sous serre à 20°C avec un éclairage artificiel[2]. Un légume ou un fruit bio ayant poussé en plein champ aura toujours un impact plus faible qu'un même aliment cultivé sous serreD'où l'importance de consommer des produits de saison quand ils sont locaux.
  • Pour la viande, les oeufs, produits laitiers et le poisson d'élevage, il n'y a aucun intérêt à privilégier le local si les animaux ont été nourris avec du soja sud-américain et de l'huile de palme : Les produit certifiés Nature & Progrès, Demeter ou Bio cohérence garantissent qu'au moins 50% de leur alimentation est produite sur place (et 100% bio).
  • Les GES ne sont pas forcément corrélés à la distance parcourue : les véhicules utilisés par les circuits courts (camionnettes) émettent en moyenne 1068g de CO2 par tonne/km alors que les ensembles de 40 tonnes transportant les marchandises du port au supermarché émettront 84 g de CO2/t.km. Et les camionnettes rentrent à vide[3]. De même, le train et le bateau émettent des quantités bien inférieures à l'avion et au transport routier.

Acheter directement à un producteur présente plusieurs intérêts : supprimer un intermédiaire (éliminant l'impact écologique de son supermarché), revaloriser le travail et les revenus du producteur, limiter la production d'emballages. Mais, il faut privilégier les productions bio et réellement proches

 


[1]ma cantine bio, 28 mars 2010, http://macantinebio.wordpress.com/2010/03/28/bilan-carbone/

[2] http://www.bilan-carbone-leblog.com/2011/03/le-poids-du-transport-dans-un-bilan.html

[3] http://www.actu-environnement.com/ae/news/CGDD-bilan-carbone-circuits-courts-ademe-avis-socioeconomiques-18216.php4


[1] http://www.inrets.fr/fileadmin/ur/dest/PDF/Journee_Supply-Chain/Cruypenninck.pdf (p.9)

[2] Selon l’étude de l’IERE (Institut pour la recherche et l’éducation environnementale) de 2007, l’impact écologique du conditionnement de haricots verts appertisés ou surgelés en usine représente 55% du total des émissions de gaz à effet de serre d'une conserve. Pour les surgelés, 53% sont dus à la consommation d’électricité nécessaire à la production de froid. L’impact des surgelés est globalement pire que celui des conserves.

[3] Etude de J.M. Jancovici pour l’Ifen, « L’environnement en France », 2006

[4] idem

[5] http://www.dailymotion.com/video/xgihf2_claude-bourguignon-colloque-ou-va-le-monde_news

[6] Cf Martini, E. A., J. S. Buyer, et al. 2004. Yield increases during the organic transition: improving soil quality or increasing experience? Field Crops Research 86(2/3), p. 255-266 ; Toxic de William Reymond, 2008, p. 283-284 ; Lotter, D.W., R. Seidel, et W. Liebhart. 2003. The performance of organic and conventional cropping systems in an extreme climate year. American Journal of Alternative Agriculture 18(3), p. 146–154 ; etc.

[7] rapport de l’IFEN, actualisé en juillet 2010 - http://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090307819.html

[7bis] Commissariat général au Développement Durable, juillet 2013

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2012/1108/contamination-cours-deau-pesticides-2011.html

[8] Baldi et al., American Journal of Epidemiology, 2003

[9] Nombreuses références sur la santé sur le site de Générations futures : http://www.generations-futures.fr/sinformer/pesticides/sante/ 

[10] The Lancet 2004; 364: 2097-105 et communiqué du centre international de recherche sur le cancer du 10 décembre 2004

[11] Shelia Hoar Zahm and Mary H. Ward ; Pesticides and Childhood Cancer; Environmental Health Perspectives ; Vol 106, Supplement 3 ; juin 1998

[12] http://www.generations-futures.fr/sinformer/pesticides/statistiques/ 

[13] Données regroupées en 2002 par l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) http://www.univ-lehavre.fr/enseign/fst/projets/mycotoxines/pages/AB.html

[14] L’agriculture intensive, notamment l'élevage, reçoit la majeure partie des subventions européennes ; l’agriculture bio ne reçoit qu'1 milliard sur 53 (en majorité pour l'élevage). 1er bénéficiaire de la PAC en France : le volailler Doux (poules pondeuses en cage).

L'impact carbone d'un soda, c'est son emballage pour 40 à 70%, puis sa réfrigération et ses ingrédients, notamment le sucre, peu écologique.

Réduire son empreinte alimentaire

Partie I : De l'utilité de consommer bio et local

En résumé, la bio implique

- une meilleure protection de la biodiversité sauvage et cultivée (haies, produits biodégradables et non toxiques, diversité des espèces cultivées, etc.)

- une réduction drastique de la pollution de l'eau (lutte contre les nitrates, engrais chimiques, pesticides, herbicides, etc.)

- une limitation de l'érosion et de la baisse de fertilité des sols (enrichissement naturel des sols, engrais verts et légumineuses, rotation des cultures, etc.)

- une réduction de la pollution de l'air et des émissions de gaz à effet de serre (pas d'usage de produits de synthèse à base de pétrole, plus grande capacité des sols à retenir le carbone et l'azote, recyclage des matières organiques)

Consommer bio, non transformé et local ?

 

La provenance, le mode de production (serre/plein champs, bio, etc.), le conditionnement (plastique et polystyrène non recyclables, suremballages...), tout cela pèse sur l'empreinte environnementale de notre assiette !

Le transport ne constitue qu'une faible part des émissions de CO2, excepté le transport par avion : 1% en volume des fruits & légumes est importé par avion, mais cela couvre 24% des émissions du transport de l’ensemble de ces denrées [1]. Les émissions augmentent souvent avec la distance, cependant, le transport par bateau émet très peu de gaz à effet serre (GES) comparé au transport routier

Mieux vaut cependant privilégier les produits « bruts » et non transformés : les ingrédients des plats préparés proviennent des quatre coins du monde et leur fabrication multiplie les intermédiaires. Les surgelés et les conserves ont par ailleurs une forte empreinte carbone[2]

 

Autre point important : le mode de production. L’agriculture intensive émet à elle seule 40% du CO2 mondial (notamment l'élevage), la palme revenant à l’agriculture « hors sol ». Selon l'IFEN (Institut Français de l’environnement), la production de blé biologique émet 87% de GES en moins que le blé conventionnel[3]. La différence est frappante, pour les céréales en particulier, mais aussi pour la viande et les produits laitiers : jusqu’à -55% pour les volailles, -38% pour le bœuf, -25% pour les produits laitiers[4]. L'agriculture bio n'utilise ni engrais, ni pesticides d'origine pétrolière et une part plus importante de la nourriture des animaux est produite sur place. En conventionnel, l'alimentation des animaux d'élevage contient presque toujours du soja (souvent OGM) et de l’huile de palme provenant d’Amérique du Sud et d’Asie. 

Des études montrent par ailleurs que les produits bio sont souvent plus riches notamment en antioxydants (vitamine C et E, poly-phénols, oméga3…) qui préviennent maladies cardiovasculaires et cancers. Selon des chercheurs de l’Université de Barcelone, l’explication serait que « les plantes activent leurs propres défenses naturelles pour lutter contre les différents stress, ce qui augmente leur niveau d'antioxydants ».  La viande et les laitages contiennent aussi moins de résidus chimiques (antibiotiques, pesticides), de graisse saturée et d’acides gras trans (cf les études de l’INRA de Theix, des universités de Newcastle, d’Aberdeen en Grande Bretagne ou encore du centre de recherche danois). 

L’agriculture chimique érode les sols et menace la biodiversité. Selon Claude Bourguignon, ingénieur agronome et directeur du LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols), l'Europe a perdu 90% de sa biodiversité et la « chute régulière et constante de l’activité biologique des sols »[5] conduit à une baisse des rendements au m2. Les sols, qui hébergent 80% de la biodiversité mondiale, sont les premières victimes des engrais chimiques. Les vers de terre, qui assurent la remontée des éléments nutritifs du sol vers la surface pour nourrir les plantes, ont vu leur présence passer de 2 tonnes à moins de 100 kg par hectare. Conséquence : azote, phosphore et autres minéraux viennent polluer les nappes phréatiques, le sol se tasse et se dégrade, et toujours plus d’engrais doivent être utilisés pour nourrir des sols appauvris.

Et pourtant, une agriculture biologique bien menée peut produire autant, et à un coût moindre si l'on tient compte des externalités négatives de l'agriculture chimique : retraitement des eaux, dégradation des sols, coûts sanitaire et environnemental. En 2001, des études menées en Suisse et aux Etats-Unis ont montré que le rendement avec ou sans pesticides est quasi équivalent. En 2005, le Rondale Institute a analysé 22 ans d’études empiriques : le rendement est identique et même de 22% supérieur pour les fruits et légumes en temps de sécheresse. D’autres études menées ces vingt dernières années vont dans le même sens[6].

La permaculture notamment optimise les rendements en associant plusieurs espèces sur une même parcelle. Elle s'inspire du système agricole aztèque où les haricots fixaient l’azote de l’air dans le sol (engrais), le maïs servait de tuteur au haricot, et les larges feuilles des courges faisaient de l’ombre au sol pour maintenir l’humidité en cas de sécheresse. 

 

Le 20 août 2006, l’IFEN alertait : « les analyses de pesticides dans le milieu naturel (eaux superficielles et souterraines), réalisées sur plus de 10 000 stations de surveillance… révèlent que la contamination concerne l’ensemble du territoire (métropole et DOM) et touche aussi bien les eaux superficielles que les eaux souterraines […] Les niveaux de contamination sont significatifs : en eaux de surface, 49% des points de mesure ont une qualité moyenne à mauvaise et en eau souterraine, 27% des points nécessiteraient un traitement spécifique d’élimination des pesticides s’ils étaient utilisés pour la production d’eau potable ». La situation ne s’est pas arrangée depuis ; 91% des eaux de surface et 59% des nappes phréatiques étaient sérieusement contaminées en 2010[7], et c'est le cas pour 93% des eaux de surface et 70% des nappes phréatiques en 2013 [7bis].

Les pesticides, fortement toxiques pour les organismes aquatiques et les insectes, sont aussi neurotoxiques (ils provoquent par exemple des retards mentaux chez l’enfant et multiplient par 5,6 le risque de développer Alzheimer[8]) ; ils sont cancérigènes et mutagènes pour la plupart, et beaucoup agissent aussi comme perturbateurs hormonaux[9]. Les enfants y sont particulièrement sensibles et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a établi un lien direct entre l’apparition de leucémies chez l’enfant et l'exposition aux pesticides dans un rapport datant de 2008. Le cancer est aujourd’hui la 2e cause de mortalité des 1-18 ans (après les accidents) et progresse de 1,5% par an en France[10] ! Diverses études montrent le rôle des pesticides dans de nombreux cancers chez l’enfant[11]. Un agriculteur sur 6 souffrirait aussi des pesticides selon la Mutualité sociale agricole (cancers du sang, troubles neurologiques, etc.). Ils menacent enfin d’extinction les pollinisateurs dont notre alimentation dépend. Or la France est la 3e utilisatrice au monde de pesticides, après le Japon et les Etats-Unis, avec 62700 tonnes par an soit 5,4 kg/ha/an ![12]

Les risques de mycotoxines sont également plus faibles sur les céréales bio [13]. En effet, les fongicides agissent peu sur les mycotoxines qui se développent en raison des conditions climatiques ou de mauvaises conditions de stockage : les céréaliers bio stockent en général leurs céréales dans des endroits plus aérés pour éviter ce problème. Les plantes qui poussent sans pesticides et engrais chimiques développent leurs propres résistances naturelles : elles sont donc moins susceptibles de développer des maladies. Certains fongicides (strobilurine notamment) peuvent même, s’ils sont faits à des moments inopportuns, stimuler la production de mycotoxines. Deux études signalées par Woess montrent que les niveaux d’aflatoxine M1 sont également plus faibles dans le lait biologique que dans le lait classique.

En résumé, la production bio est garantie sans pesticides, herbicides ou engrais chimiques, plus respectueuse des sols et de la biomasse, ainsi que de votre santé. Avec les techniques appropriées, elle est aussi productive, mais demande plus de connaissances et de travail. Le peu de subventions qu’elle reçoit par rapport aux grands groupes industriels[14] n’aident pas à faire baisser les prix, qui peuvent cependant être compétitifs en favorisant les circuits courts. 

 

Bilan carbone de diverses boissons (CO2 en g/250 ml)

Bière américaine : 374 g

Jus d’orange réfrigéré : 360 g

Lait de vache : 352 g

Soda (bouteille en verre) : 272 g

Soda (canette en aluminium) : 129 g

Eau embouteillée :  94 g

Thé du Sri Lanka (thé noir en vrac) :  17 g

Source : Nigel Melican, World Tea Expo, Boston, septembre 2009

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Quand on parle d'empreinte carbone, on pense avion, voiture ou chauffage. Pourtant, l'agriculture est de loin le secteur le plus énergivore, le plus consommateur de ressources et le plus polluant.

Cependant, en fonction du contenu de son assiette, on peut multiplier (ou diviser) par 10 l'impact environnemental de son alimentation !

Dans l'empreinte écologique alimentaire, les protéines animales se taillent la part du lion, car la production d'une calorie animale nécessite entre 4 et 20 calories végétales (à moins de manger des insectes...). Pour produire de la viande ou du lait, il faut en effet nourrir les animaux avec de grandes quantités de végétaux, dont du soja et de l'huile de palme importés et sources de déforestation.

Mais dans cette première partie, penchons-nous d'abord sur l'impact des pesticides et engrais de synthèse, des emballages et du transport. 

Faut-il privilégier un aliment bio importé par rapport à un aliment non-bio produit localement ? Quel est le bilan carbone d'une cannette de soda ?